Etude mondiale sur le reporting extra-financier
Pour la dixième fois depuis 1993, KPMG a publié une étude sur le reporting extra-financier. Cette dernière a le mérite de présenter les tendances en matière de reporting extra-financier à l’échelle internationale. Les chiffres sont obtenus à partir de deux populations : une première « N100 » qui est composée des 100 plus grandes entreprises des 49 pays étudiés (soit 4 900 entreprises en tout) et une seconde « G250 » qui est composées des 250 plus grandes entreprises mondiales.
Si la tendance à reporter des données non financières se confirme, passant de 56% d’entreprises publiant un rapport RSE en 2015 à 60% en 2017(sur la population N100), des disparités apparaissent. Géographiquement tout d’abord, avec une croissance significative de la région Asie-Pacifique, alors qu’on constate un ralentissement de la progression pour l’Amérique et l’Europe. Quant à l’Afrique et Moyen orient un écart se creuse du fait de la diminution de la proportion d’entreprise réalisant un rapport RSE. Disparité enfin, en termes de secteur, puisque si l’on retrouve le secteur de l’énergie en tête et en progression (passant de 76% à 81%), certains secteurs marquent un retrait dans leur publications RSE, c’est notamment le cas de la finance, qui passe de 75% en 2015 à 71% en 2017 d’entreprises publiant un rapport RSE.
L’étude analyse par ailleurs l’impact des référentiels et en particulier l’integrated reporting (
Autre fait saillant mis en exergue par l’étude : les entreprises reconnaissent en grande majorité le changement climatique come un risque financier, cependant rares sont celles qui quantifient ou modélisent ce risque. La plupart se contentent d’une description narrative des impacts potentiels.

Concernant les émissions de CO2, l’étude montre qu’en très grande majorité les entreprises ne se fixent toujours pas d’objectifs. Néanmoins, la cible des 2°C de l’accord de Paris devient la référence en la matière.

Un autre point important est l’émergence des ODD comme une forte tendance dans le reporting RSE. 39% des entreprises de N100 et 43% des entreprises de G250 font le lien entre les ODD et leurs activités RSE. A ce titre, la France fait partie des bons élèves en se positionnant en 4e position avec 47% des entreprises utilisant les ODD dans leur reporting.
Pour conclure, nous reprendrons les mots de José Luis Blasco, le rédacteur de l’étude, que Compta Durable partage :
« My message here is directed at Chief Financial Officers: the merging of financial and “non-financial” reporting will accelerate quickly in the next few years and it is the finance teams that will be expected to deliver the disclosures. The first step to effective disclosure is for finance teams to gain a sound understanding of the material environmental and social issues that have potential to affect the company’s financial performance. Most companies have resident experts who can help, namely their sustainability teams. So increased dialogue and collaboration between the finance and sustainability functions – which are too often seperate and siloed will be critical. »


